Très rare épître poétique du poète, bibliophile et gastronome Ferdinand Van den Zande (Bruxelles, 1780 - Paris, 1853).
Charles Monselet, dans ses Petits mémoires littéraires, nous dresse ainsi son portrait :
"Van den Zande, après avoir occupé un assez haut poste dans l'administration des domaines [ie des douanes], vivait aux Batignolles dans une maison embellie d'un jardin, veuf, riche, de bonne humeur, tout à son culte pour les éditions précieuses. Il est rare qu'un bibliophile ne soit pas quelque peu doublé d'un écrivain. Van den Zande avait la conscience chargée d'un assez grand nombre de vers [...]."
Ce poème est adressé à F. Guichardot (18..-1875), marchand de dessins et d'estampes qui tenait commerce au 13 rue de Gramont, qualifié par Van den Zande de connaisseur habile et de vrai démon tentateur. Le marchand fut chargé après la mort de Van den Zande de rédiger le catalogue de sa collection d'estampes et de dessins (1855).
Cette longue épître dresse un intéressant portait des amateurs d'estampes et bibliophiles qui entouraient le poète des Batignolles.
Outre F. Guichardot, des vers sont adressés ou mentionnent Louis Nicolas Barbier (1799-1888), bibliothécaire au Louvre et bibliographe, Charles Capé (1806-1867), le fameux relieur, Duchesne aîné (1779-1855), administrateur et conservateur des estampes au Louvre, François-Joseph Grille (1782-1853), homme de lettres et bibliothécaire, amant épistolaire de Van den Zande, Frédéric Hillemacher (1811-1886), amateur et graveur à l'eau-forte, Charles Le Blanc (1817-1865), bibliothécaire au Département des estampes de la Bibliothèque impériale, auteur du Manuel des amateurs d'estampes (1854), le bibliographe Joseph-Marie Quérard (1796-1865) ou encore la belle Madame Techener de la librairie éponyme.
Les oeuvres de Van den Zande sont rarissimes puisque le poète n'a fait tirer de la plupart de ses pièces que 25 exemplaires hors commerce, à l'instar de cette épître.
MONSELET Charles. Petits mémoires littéraires. 1892. pp. 40-48.
]]>Elle semble plutôt rare puisqu'elle a échappé à Rochambeau et que nous n'avons retrouvé qu'un seul exemplaire en ligne conservé à la Creighton University, dont la notice signale également la rareté de cette édition.
Cet exemplaire porte au titre la mention Premier volume, contrairement à celui de la Creighton University, ce qui laisse à penser au réemploie du titre du premier tome d'une édition similaire mais en deux volumes décrite par Rochambeau (éditions des Fables non datées, n°1685).
Exemplaire offert par la Loge maçonnique de Niort, avec ex-dono doré sur le second plat.
La loge de Niort au début du XXe siècle était réputée pour accorder une grande place aux discutions politiques, ce qui était assez éloigné de l'esprit des premiers maçons. Elle se consacrait en premier lieu au domaine de l'éducation, en ayant par exemple fait voter en 1903 une somme pour le patronage laïque.
Cet exemplaire, offert par la loge maçonnique de Niort, contient deux étiquettes de prix à en-tête de la ville de Niort, pour l'Ecole publique du sud. Il fut offert en 1905 à l'élève Germaine Baudou, sans doute la fille de J. Baudou qui était un membre actif de la loge.
Curieux témoignage de l'implication maçonnique dans l'éducation publique à Niort.
Histoire des francs-maçons dans le département des Deux-Sèvres: 1738-1945. Jean-Claude Faucher Le Bouquiniste, 1977.
]]>Rarissime publication rapportant l'épître en vers lue au Théâtre de Lille pour fêter la naissance et le baptême de Henri d'Artois (1820-1883), comte de Chambord, prétendant légitimiste aux trônes de France et de Navarre.
Elle est signée d'Auguste de Trémault, sans doute Auguste-François de Trémault (1788-1866), qui fut maire de Vendôme, comme trois autres des membres de sa famille.
Envoi manuscrit de la part de l'auteur à Jean-Baptiste Joseph de Muyssart (1753-1848), qui était alors maire de Lille.
Homme politique royaliste haut en couleur, maire de Lille de 1815 à 1830, le comte de Muyssart célébra son investiture en faisant brûler en place publique le portrait du premier Consul peint par Jacques-Louis David qui appartenait à la ville. La chute de la dynastie des Bourbons lors de la Révolution de Juillet mettra un terme à sa carrière politique. Il démissionna de ses fonctions municipales et s'abstint ensuite de toute participation aux responsabilités locales.
Des collections Louis Quarré-Reybourbon, avec étiquette, et C.L. Ducas, avec cachet.
]]>Charmante maquette originale manuscrite pour la première édition illustrée du chef-d'œuvre poétique de Francis Yard.
Athanase François Yard (1876-1947), dit Francis Yard, écrivain et poète normand, fut tenté par la bohème parisienne et vint s'installer à 21 ans dans la capitale. Il y rencontra le succès avec son premier recueil de poèmes Dehors, publié en 1900 chez Léon Vanier. Le "Poète des Chaumes", c'est ainsi qu'on le surnommait à Montmartre et au Quartier latin, avait séduit par ses poèmes ruraux qui chantaient la campagne, le travail des champs, la paysannerie. Il quitta Paris deux ans plus tard pour Rouen, soucieux de retrouver ses racines normandes, où il continua de publier poèmes et pièces de théâtre en parallèle de son métier d'instituteur.
Publié pour la première fois en 1906, L'An de la terre est un recueil de poèmes en forme de calendrier, un almanach poétique décrivant la campagne à travers les saisons. Cette seconde édition publiée en 1922 fut l'occasion pour Yard de s'essayer à la gravure, qui exécuta pour l'illustrer une quarantaine de bois un peu naïf et plein de charme. Les planches furent présentées à la Société des Artistes Rouennais en 1922.
Cette maquette originale, entièrement exécutée par le poète, renferme la totalité du texte autographe et les pièces liminaires, à savoir les faux-titre et titre, la liste des oeuvres déjà parues et à venir, la dédicace, la reproduction d'une lettre d'Emile Verhaeren (une seconde sera ajoutée), le prologue, les poèmes et les tables. Elle est agrémentée de 40 tirages d'essai des bois illustrant l'ouvrage, à savoir le portrait-frontispice, la vignette de titre (qui sera mise en quatrième de couverture), 13 illustrations à pleine page, 14 en-tête et 11 culs-de-lampe.
Charmant témoignage d'un art naïf alliant poésie manuscrite et bois originaux, dans une jolie reliure tachée de la main du poète.
De la bibliothèque du docteur Bernard Jean, avec ex-libris.
Edmond Spalikowski, Etudes de littérature normande contemporaine : Flaubert, Guys de Maupassant, Eugène Noël, [...]. Rouen, Defontaine, 1923.
]]>Edition originale de cette comédie de Pierre Laujon avec la musique de Jean-Paul-Égide Martini, représentée pour la première fois par les Comédiens Italiens Ordinaires du Roi, le jeudi 18 avril 1771.
Il existe plusieurs tirages de cet ouvrage, cet exemplaire appartenant au plus désirable, avec la mention Dédiée à S.A.S. Monseigneur le Duc de Bourbon sur le titre, les trois pages de dédicace, la vignette de titre et les en-tête gravés sur bois signés Beugnet, ainsi que les deux pages de musique imprimée.
Le frontispice gravé par Duclos d'après Gravelot n'appartient pas à ce tirage et a été ajouté postérieurement. Il s'agit d'une épreuve d'essai.
Bel exemplaire en maroquin rouge de l'époque.
]]>Deuxième édition, en partie originale.
Exemplaire d'Alidor Delzant (1848-1905), secrétaire et exécuteur testamentaire des frères Goncourt, avec ex-libris.
"Les Goncourt rencontrèrent Gavarni en 1852, alors qu'il était déjà l'un des plus célèbres lithographes de son temps. Leur témoignage reste toutefois parmi les meilleurs pages écrites sur le style et la manière de cet artiste qui fut pour eux "le peintre de la vie moderne"."
Les Goncourt demandèrent d'ailleurs à Gavarni de dessiner leur ex-libris.
Exemplaire enrichi d'un portrait en frontispice.
Ségolène Le Men. Les Goncourt et Gavarni. Revue Francofonia, n°21, 1991, pp. 71-85.
]]>Recueil de poèmes inédits, entièrement manuscrit, renfermant 18 poèmes, avec un dessin original signé à la plume et rehaussé d'aquarelle sur la couverture.
Edmond Spalikowski (1874-1951) était un historien, dessinateur et poète normand. Président de la Société des écrivains normands, il est reçu membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen en 1936, puis fait chevalier de la légion d'honneur en 1950.
Un manuscrit similaire est conservé à la bibliothèque patrimoniale Villon à Rouen.
]]>Jolie suite de quatre dessins Art déco d’André Domin, éditée par la Librairie Lutetia.
Située au 66 boulevard Raspail, cette librairie édita des ouvrages illustrés et des lithographies des meilleurs artistes du temps tels Raoul Dufy, André Lhote, George Barbier, Georges Lepape, Lucien Laforge, Hermann-Paul ou encore Guy Arnoux.
Tirage à 200 exemplaires sur papier fort, justifiés et paraphés RK, sans doute pour René Kieffer.
Quelques petites déchirures au portefeuille.
8 volumes in-16, en feuilles, couvertures ornées de dessins à l’encre de Chine de l’auteur.
Charmante collection de cahiers manuscrits décorés par l'auteur renfermant des poésies inédites.
La poétesse Yvonne Ferrand-Weyher (1873-1963) publia ses premiers recueils pendant l’entre-deux-guerres. Elle se fit connaître avec ses Huit poèmes en forme de Chant Royal (1931), salués et admirés par Paul Valéry qui rédigea l’avertissement de son recueil suivant Fontaines de Mémoire (1935).
Ses poésies rigoureusement construites et structurées lui valurent les éloges des milieux de la « poésie officielle » de son temps, qui se réjouissait de ces productions classiques bien éloignées des poésies surréalistes qui connaissaient alors un certain succès.
Ces recueils intitulés Automne ; Hiver ; Printemps ; Eté ; La mer ensoleillée ; La Nuit ; Versailles et A la Porte de Marbre et Construction. Poèmes composés durant l’occupation, sont chacun constitués d’une vingtaine de pages, et contiennent 72 poèmes dont la plupart sont inédits.
Une lettre autographe signée de l’auteur nous indique qu’ils ont été offerts par elle à une amie souffrante en 1949.
Jeanine Moulin. La Poésie féminine. Epoque moderne. Marabout, 1963. p. 87
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