Rarissime publication rapportant l'épître en vers lue au Théâtre de Lille pour fêter la naissance et le baptême de Henri d'Artois (1820-1883), comte de Chambord, prétendant légitimiste aux trônes de France et de Navarre.
Elle est signée d'Auguste de Trémault, sans doute Auguste-François de Trémault (1788-1866), qui fut maire de Vendôme, comme trois autres des membres de sa famille.
Envoi manuscrit de la part de l'auteur à Jean-Baptiste Joseph de Muyssart (1753-1848), qui était alors maire de Lille.
Homme politique royaliste haut en couleur, maire de Lille de 1815 à 1830, le comte de Muyssart célébra son investiture en faisant brûler en place publique le portrait du premier Consul peint par Jacques-Louis David qui appartenait à la ville. La chute de la dynastie des Bourbons lors de la Révolution de Juillet mettra un terme à sa carrière politique. Il démissionna de ses fonctions municipales et s'abstint ensuite de toute participation aux responsabilités locales.
Des collections Louis Quarré-Reybourbon, avec étiquette, et C.L. Ducas, avec cachet.
]]>Exemplaire provenant de la bibliothèque du Club des Arcades, cercle de jeu et salon politique du début de la Révolution.
Il était tenu par Charles-Jean Goury de Champgrand, auteur d'ouvrages sur la vénerie, ami et protégé du duc d'Orléans qui l'hébergeait galerie Montpensier, au Palais-Royal. Actif de 1785 à 1787, il fut fermé par la police du Roi.
]]>Joli catalogue présentant la production de la fabrique de pipes Ropp à Baume-les-Dames dans le Doubs, reproduisant des centaines de modèles de pipes et accessoires du fumeur.
Cet exemplaire a été envoyé par le gérant Eugène Ropp à F. Aufrère, mercier en gros à Meudon, avec une lettre manuscrite portant son cachet.
Il contient de nombreuses corrections manuscrites ou imprimées concernant les prix ou à la disponibilité des modèles.
5 feuillets publicitaires imprimés en couleurs sur papier bible, avec les prix manuscrits, ont été montés in fine.
]]>Rarissime livret-programme autographié du voyage dans le Sud-Est de la France, en Corse et en Algérie, en particulier à Nice et en Savoie, effectué par Napoléon III et l'Impératrice Eugénie du 23 août au 24 septembre 1860.
Portant l'en-tête du Service du Grand Écuyer, ce programme fut établit par le général Emile-Félix de Fleury (1815-1884) qui remplissait alors les fonctions de Grand Écuyer à la place du maréchal Saint-Arnaud. Diplomate bonapartiste de la première heure, le général Fleury deviendra officiellement Grand Écuyer en 1865. Il était le chef du service d'honneur de la famille impériale et en charge de l'organisation de ses déplacements pour les voyages et cérémonies officielles.
Le général Fleury nous décrit l'établissement de ces programmes dans ses Souvenirs :
"Lorsque enfin toutes ces dispositions étaient établies, je faisais établir une douzaine de programmes définitifs, comprenant l'itinéraire, l'emploi des journées et des heures, fixant les séjours et les arrets dans les stations désignées, donnant la carte partielle des différents départements traversés, des notes historiques sur chaque localité visitée.
Ces programmes étaient distribués aux personnes appelées à faire partie du service d'honneur, afin que tout le monde fut bien au courant des obligations du voyage.
En dehors de ce livret-programme, je remettais à Leurs Majestés un carnet particulier [...]"
Ce programme et itinéraire détaillé, entièrement autographié, se compose comme suit :
- Une page de titre
- Un tableau à double page dépliant donnant la division du voyage
- Une carte à double page de l'itinéraire en couleurs gravée par Erhard
Puis pour chaque département traversé trois doubles feuillets contenant :
- Une présentation statistique, historique et économique du département
- Le programme du séjour de leurs majestés sous forme de tableau, listant en détail le déroulement des journées, avec les réceptions, visites, inaugurations, présentations, dîners, bals, etc.
- L'itinéraire du voyage sous forme de tableau avec les différentes stations, des renseignements statistiques et historiques sur les villes traversées, ainsi que l'emploi du temps à la minute près de la famille impériale
Ainsi que 6 cartes en couleurs d'itinéraires à double page réparties au fil du volume.
L'Empereur et l'Impératrice visitèrent les villes de Dijon, Lyon, Chambéry, Aix, Annecy, Thonon, Sallanches, Chamonix, Bonneville, Grenoble, Valence, Orange, Avignon, Marseille, Toulon, Nice, Ajaccio, Alger puis revinrent à Saint-Cloud.
Les voyages officiels de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie s’inscrivent dans une tradition ancienne. Né du coup d’État du 2 décembre 1851, l’Empire est en effet à la recherche de soutiens politiques et le régime porte donc une attention particulière à la promotion des régions et de la culture populaire. Napoléon III sillonne régulièrement le pays, à l’occasion de l’inauguration de gares par exemple. C'est dans ce contexte que Napoléon III effectua ce voyage dans le Sud-Est de la France, en particulier à Nice et en Savoie, deux régions nouvellement annexées à la France, dans le but de renforcer l’allégeance des régions au nouvel ordre politique.
L'édition officielle richement illustrée de ce voyage paraîtra la même année, sous le titre Voyage de leurs majestés impériales dans le sud-est de la France, en Corse et en Algérie (L'Illustration, 1860).
Très rare livret-programme de cet important voyage impérial, établi et fait tiré à une douzaine d'exemplaires par le Grand Écuyer pour servir de carnet de route aux membres du service d'honneur de Leurs Majestés.
Nous n'avons retrouvé de cet ouvrage que quatre exemplaires dans les catalogues de bibliothèques en ligne, portant le nombre de huit exemplaires, au mieux, conservés en mains privées.
Comte FLEURY et Louis SONOLET. La Société du Second Empire. Tome II. Albin Michel, 1911. pp. 7-8. - Comte FLEURY. Souvenirs du général comte Fleury. Tome II. Plon-Nourrit, 1908. pp. 161-162 - Sophie MOUTON. L'Album du voyage en Lorraine de l'Impératrice Eugénie en 1866 : un exercice de réécriture de l'histoire franco-lorraine. https://www.academie-stanislas.org/academiestanislas/images/Colloques/Rattachement/08-Mouton.pdf
]]>Rarissime livret-programme autographié du voyage en Lorraine organisé pour la famille impériale du 14 au 19 juillet 1866.
Portant l'en-tête du Service du Grand Écuyer, il fut établit par le général Emile-Félix de Fleury (1815-1884), Grand Écuyer, chef du service d'honneur de la famille impériale et en charge de l'organisation de ses déplacements pour les voyages et cérémonies officielles.
Le général Fleury, diplomate bonapartiste de la première heure, nous décrit l'établissement de ces programmes dans ses Souvenirs :
"Lorsque enfin toutes ces dispositions étaient établies, je faisais établir une douzaine de programmes définitifs, comprenant l'itinéraire, l'emploi des journées et des heures, fixant les séjours et les arrêts dans les stations désignées, donnant la carte partielle des différents départements traversés, des notes historiques sur chaque localité visitée.
Ces programmes étaient distribués aux personnes appelées à faire partie du service d'honneur, afin que tout le monde fut bien au courant des obligations du voyage.
En dehors de ce livret-programme, je remettais à Leurs Majestés un carnet particulier [...]"
Ce programme et itinéraire détaillé, entièrement autographié, se compose comme suit :
- Une page de titre
- Une page donnant la composition du Service d'honneur de leurs Majestés
- Un tableau à double page donnant la division du voyage
- Une carte à double page de l'itinéraire en couleurs gravée par Erhard
- Un texte introductif, Réunion de la Lorraine à la France de 31 pp. par Auguste Descauriet
Puis pour chaque département traversé trois doubles feuillets contenant :
- Une présentation statistique, historique et économique du département
- L'itinéraire du voyage sous forme de tableau avec les différentes stations, des renseignements statistiques et historiques sur les villes traversées, ainsi que l'emploi du temps à la minute près de la famille impériale
- Le programme du séjour de leurs majestés sous forme de tableau, listant en détail le déroulement des journées, avec les réceptions, visites, inaugurations, présentations, dîners, bals, etc.
La famille impériale visita Épernay, Châlons-sur-Marne, Vitry-le-Français, Bar-le-Duc, Toul, Nancy et Lunéville.
Ce voyage fut effectué dans le contexte des fêtes séculaires de la réunion de la Lorraine à la France, célébrée à Nancy du 15 au 17 juillet par un important programme de manifestations officielles et d’événements à destination du grand public. Il s'agissait également de réaffirmer le pouvoir de l'Empereur dans une région et dans une ville traversée par un fort sentiment régionaliste prônant la décentralisation.
Notons qu'il est fait mention tout au long de l'ouvrage de Leurs Majestés, incluant Napoléon III, et que les taches réservées à l'Empereur comme la présentation des clés des villes traversées ou la présentation de notables à Épernay sont précisément décrites. Nous savons cependant que Napoléon III annula sa participation au voyage par une dépêche télégraphique du Grand Ecuyer envoyée le 12 juillet, soit deux jours avant le départ. Les raisons de cette annulation ne sont pas certaines, mais cela pourrait être à cause de l'état de santé de l'Empereur ou de la défaite autrichienne de Sadowa. L'Impératrice Eugénie et le Prince Impérial assurèrent donc seuls l'incarnation du pouvoir.
L'édition officielle, richement illustrée, paraîtra huit mois plus tard sous le titre Voyage en Lorraine de Sa Majesté l’Impératrice et de S. A. I. Le Prince Impérial (Plon, 1867).
Très rare livret-programme de cet important voyage impérial, établi et fait tiré à une douzaine d'exemplaires par le Grand Écuyer pour servir de carnet de route aux membres du service d'honneur de Leurs Majestés.
Nous n'avons retrouvé que deux exemplaires de cet ouvrage dans les catalogues de bibliothèques en ligne : à la médiathèque de Saint-Dié-des-Vosges et au Victoria and Albert Museum.
Comte FLEURY et Louis SONOLET. La Société du Second Empire. Tome II. Albin Michel, 1911. pp. 7-8. - Comte FLEURY. Souvenirs du général comte Fleury. Tome II. Plon-Nourrit, 1908. pp. 161-162 - Sophie MOUTON. L'Album du voyage en Lorraine de l'Impératrice Eugénie en 1866 : un exercice de réécriture de l'histoire franco-lorraine. https://www.academie-stanislas.org/academiestanislas/images/Colloques/Rattachement/08-Mouton.pdf
]]>« C'est une pièce unique ; elle fera honneur à votre bibliothèque. », écrivit Roger Devauchelle en confiant ce volume à Julien Fléty.
Probablement mis en ordre et relié par Roger Devauchelle, il renferme les 49 manuscrits autographes signés, les articles correspondants extraits de La Reliure, ainsi que les états définitifs et avant la lettre des planches de reliures reproduites en phototypie. Le recueil est structuré par deux faux-titres, deux titres et des tables.
Trois lettres imprimées de Marius-Michel critiquant la publication ont été montées en fin de volume.
Une lettre autographe signée de Roger Devauchelle à Julien Fléty nous retrace l'histoire du volume : le manuscrit fit d'abord partie de la bibliothèque du relieur Georges Mercier, directeur de La Reliure. Il fut ensuite cédé par son épouse au comte Gérard de Berny (1880-1957), puis vendu au célèbre relieur et historien de la reliure Roger Devauchelle qui s’en servit pour la documentation de son ouvrage La Reliure en France. Il fut ensuite confié par lui à Julien Fléty et resta dans sa bibliothèque pendant près de soixante ans.
Cette étude, dont la publication fut soudainement arrêtée, fut au coeur d’une polémique opposant Henri Beraldi à Henri Marius-Michel et Georges Mercier.
Henri Marius-Michel avait en effet publié dans la revue une suite de trois articles critiquant certains points de l'étude, et dont le ton fut de plus en plus sévère au fur et à mesure que le débat s'envenimait.
Le premier article mettait en garde les relieurs et bibliophiles de ne pas prendre les reliures présentées comme des modèles à suivre « car jamais ignorance du dessin ne fut plus grande et technique plus nulle. »
Le deuxième article critiquait le choix d’une reliure de Thouvenin présentée comme une pièce d’exposition mais que Marius-Michel considérait comme étant de piètre qualité. Le relieur sentit venir les foudres de Beraldi et conclut son article par ces mots : « Partant d’un point de vue différent, il est tout naturel qu’il y ait contradiction ou heurt avec l’érudit bibliophile, mais si cette discussion […] devait, aussi peu que ce soit, servir à notre art […], je serais prêt. »
Le troisième article est une réponse acide et malicieuse à une lettre de menaces de Beraldi :
« Quelle chose amusante que la polémique ! Vous permettez ?
« Toutes les reliures de la Restauration se sont maintenues dans une merveilleuse fraîcheur » , dit M. H. Beraldi ; c’est vrai, mais […] il n’en reste pas moins certain que l’habitude de grecquer est condamnable et que les décors de ces reliures sont le plus souvent mal compris, hors de l’échelle du livre et que l’abus de roulettes, du « va comme j’te pousse », prouve la faiblesse de leurs auteurs, et cela est de plus démontré, je l’espère, à mesure que la publication avance. La preuve de ce que j’avais dit en de précédentes remarques se fait plus évidente à chaque planche. »
Henri Marius-Michel met ensuite Henri Beraldi face à ses contradictions en rappelant qu'il avait critiqué avec ardeur la qualité des reliures de la Restauration dans son ouvrage La Reliure au XIXe siècle, et conclut par cet extrait d’une poésie de Sully Prudhomme :
« Mais, en controverse technique,
Il ne faut pas trop se risquer ;
Quand on n’est pas de la boutique,
On finit toujours par trinquer. »
Henri Beraldi, qui avait eu vent de cette lettre avant sa parution, fit savoir à Georges Mercier qu'il romprait tous rapports avec le syndicat et toutes relations commerciales avec lui si elle devait être publiée. Le bureau de la revue prit finalement la décision de la publier, Georges Mercier démissionna, la publication de Henri Beraldi s'arrêta aussitôt.
Exceptionnel recueil jalousement conservé pendant presque cent-vingt ans par des bibliophiles et historiens de la reliure, renfermant les manuscrits d'une oeuvre longtemps demeurée confidentielle.
]]>Victor Masson obtient son brevet de libraire en 1836, formé par Louis Hachette. Il rejoint la même année la librairie médicale et scientifique Crochard, rue de l’Ecole-de-médecine, qui deviendra en 1846 la librairie Victor Masson. Il bénéficie alors de l’essor des disciplines que sont la médecine, la chimie, la botanique et la zoologie. Son fils Georges Masson développe les périodiques scientifiques professionnels et le commerce à l’international. La société reste dans la famille, dirigée à partir de 1900 par Pierre-Victor Masson (1865-1928), puis dans les années 1930 par Georges Masson (1900-1973). Au cours du XXe siècle, la maison rachète Armand Colin et Belfond et sera revendue au début des années 1990 au Groupe de la Cité. La maison Masson sera finalement rachetée par le groupe Reed Elsevier pour devenir Elsevier Masson, aujourd’hui le premier éditeur scientifique et médical mondial.
]]>Importante ordonnance de Carlos III émise pour protéger de la concurrence les libraires et artisans du livre des environs de Madrid.
Le règne de Carlos III (1759-1788) fut marqué par une grande expansion économique, en particulier dans le domaine de la culture et des arts. Il prit de nombreuses mesures pour encourager l'activité des libraires et des métiers du livre, le protectionnisme royal atteignant des sommets avec cette ordonnance du 2 juin 1778.
Elle interdit en effet l’entrée sur le territoire de livres qui n’auraient pas été reliés par des artisans locaux, à l’exception des reliures dites a la rustica ou des manuscrits. Elle fut émise suite aux plaintes de libraires dénonçant la forte concurrence d'autres marchands espagnols ou étrangers qui faisaient entrer sur le territoire des livres déjà reliés, causant une perte de travail aux relieurs, ouvriers et apprentis, mais également aux manufactures de cuirs, papier, carton, etc.
Gremio artesano de maestros encuadernadores de la Comunidad valenciana. Encuadernadores valencianos : siete siglos de artesania. 1992. Ordonnance reproduite pp. 183-191.
]]>La copie autographe d’Ernest Thoinan de cette traduction inédite par Jules Renouard d’une histoire de la bibliophilie française suivie d’une étude de la bibliothèque de son père Antoine-Augustin Renouard. Cette copie porte les notes et commentaires du baron Pichon, copiés sur son exemplaire, approfondissant cet ouvrage déjà pointu.
Cet opuscule fut à l’origine rédigé en allemand vers 1819 par un certain Ebert, bibliothécaire à Dresde, et sans doute publié dans une revue spécialisée. L’auteur s’appuya sur le fameux Catalogue de la bibliothèque d’un amateur qui venait de paraître. Il considérait la bibliothèque de Renouard comme le parfait tableau de la bibliophilie française, bien éloignée selon lui de la bibliomanie anglaise.
L’ouvrage s’ouvre sur une histoire de la bibliographie, de la bibliophilie et de la reliure en France, en Angleterre et en Hollande du XVe au XIXe siècle. Cette première partie sert selon l’auteur à donner les clés pour comprendre et apprécier l’étude de la bibliothèque d’Antoine-Augustin Renouard qui suit.
Jules Renouard reconnut sans doute la qualité de cette étude puisqu’il la traduisit en français et l’enrichit de quelques notes et commentaires.
Son exemplaire passa vers 1830 dans les mains de Giraud de Savine qui en réalisa deux copies : l’une pour lui-même, l’autre pour Richard Heber, célèbre bibliophile anglais. Nous savons aujourd’hui que Giraud de Savine était le prête-nom de Thomas Dobrée (1810-1895), bibliophile et collectionneur nantais.
Le baron Pichon réalisa sa propre copie d’après l’exemplaire Giraud de Savine en y ajoutant de nombreuses notes et commentaires. Il indiqua dans sa note introductive que l'ouvrage est « instructif, très intéressant, et donne des informations précieuses. »
La copie du baron servit ensuite de modèle pour cette copie autographe d’Ernest Thoinan que nous présentons, réalisée en 1839.
Il ne pourrait donc exister que quatre copies de cette traduction inédite de Jules Renouard, dont seulement deux portent les notes du baron Pichon.
La première partie occupe les 80 premières pages, l’étude de la bibliothèque de Renouard les 21 suivantes, le tout est complété par une table des noms de 18 pages. Le texte est copié sur les pages de droite, avec en regard les notes du baron Pichon et de Jules Renouard qui occupent une trentaine de pages.
Ernest Thoinan (1827-1894), pseudonyme d’Antoine-Ernest Roquet, était un bibliophile, musicologue et historien de la reliure et des relieurs français. Outre de nombreuses études sur la musique des XVIIe et XVIIIe siècles, on lui doit l’estimé ouvrage Les Relieurs français (1500-1800) paru en 1893.
Des bibliothèques des historiens de la reliure Léon Gruel (ex-libris portant le n°420), Ernest Thoinan (28 mai 1895, n°235) et Julien Fléty, avec ex-libris.
Une garde porte cette note manuscrite : Offert par Mme Peyroni (?) en souvenir de Messieurs Léon et Paul Gruel. Elle pourrait être liée à Julien Fléty puisque c’est Paul Gruel qui lui ouvrit les portes des métiers du livre et de la bibliophilie.
]]>Rare exemplaire des premiers statuts et règlements des marchands libraires, imprimeurs et relieurs parisiens.
A la fin du XIXe siècle, seuls l'Université, quelques édits et lettres patentes réglementent l'activité du livre à Paris, laissant la porte ouverte à de nombreuses dérives. Les libraires et imprimeurs doivent lutter contre la concurrence des merciers, dominotiers, papetiers et même des savetiers qui s’essayaient parfois au commerce de livres et de libelles, rendant les métiers du livre difficiles à exercer.
« On conçoit donc que libraires et imprimeurs aient souvent jugé bon de demander aux autorités d’intervenir et que celles-ci aient réussi alors à imposer aux gens du livre des statuts corporatifs détaillés.
Reprenant, précisant et codifiant la législature antérieure, ces statuts marquent, en fait, le départ d’une nouvelle étape dans l’histoire de l’édition parisienne […].
La première tentative en la matière semble être partie du Châtelet de Paris. Dès le 20 novembre 1610, en effet, cette cour essayait d’édicter un règlement, à la demande du Procureur du Roi. Venue de l’extérieur, cette initiative fut d’autant mal accueillie qu’un préambule affiché partout rendait libraires et imprimeurs responsables du désordre qui régnait dans la profession. L’affaire fut évoquée au Parlement qui décida d’établir un texte rédigé avec la collaboration de la Communauté.
Mais le Recteur de l’Université, consulté, refusa d’en approuver certains articles.
Ce n’est donc qu’en 1617-1619 que furent élaborés les statuts de la Communauté des imprimeurs, libraires et relieurs. Le 24 mai 1617, en particulier, une sentence du Prévôt de Paris permit au syndic et aux gardes de la librairie, imprimerie et reliure, de nommer et élire 18 députés pour travailler avec les syndics et adjoints à l’élaboration d’un règlement et pour assister les syndics et adjoints dans l’examen des comptes et dans les procès et affaires de la Communauté. Peu après, les 18 élus prêtèrent serment entre les mains du Prévost de Paris. Le 1er juin 1618 enfin, le Roi accorda des lettres patentes par lesquelles il renvoyait les articles proposés par le syndic, les gardes et les 18 commissaires, au Prévôt de Paris ou à son lieutenant civil. Ceux-ci ayant émis un avis favorable, les lettres patentes du Roi furent enregistrées le 9 juillet suivant au Parlement - sans que cette fois l’Université ait été apparemment consultée.
Par le premier article de l’Ordonnance de 1618, le Roi déclarait que les libraires, imprimeurs et relieurs parisiens étaient « toujours censées et réputés du corps et des suppôts de l’Université de Paris et du tout distingués et séparés des « arts mécaniques ».
Ainsi se terminait une évolution qui avait duré tout le seizième siècle : désormais les 24 libraires jurés et les 2 relieurs jurés n’étaient plus seuls à jouir des privilèges de l’Université de Paris ; tous les libraires, imprimeurs et relieurs bénéficiaient en droit comme en fait des avantages et des prérogatives de suppôts de l'Université de Paris. Cette mesure achevait de détruire définitivement l’organisation universitaire des métiers du livre en étendant les privilèges de l’Université à des maîtres qui ne lui avaient pas prêté serment. »
MARTIN, Livre, pouvoirs et société à Paris au XVIIe siècle (1598-1701). Droz, 1999. Tome 1. p.54.
Exemplaire comportant quelques annotations marginales d’une main de l’époque.
De la bibliothèque Léon Gruel, avec ex-libris portant le n°203.
Coins renforcés de pièces de basane fauve, un petit accroc au dos.
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