Charmante maquette originale manuscrite pour la première édition illustrée du chef-d'œuvre poétique de Francis Yard.
Athanase François Yard (1876-1947), dit Francis Yard, écrivain et poète normand, fut tenté par la bohème parisienne et vint s'installer à 21 ans dans la capitale. Il y rencontra le succès avec son premier recueil de poèmes Dehors, publié en 1900 chez Léon Vanier. Le "Poète des Chaumes", c'est ainsi qu'on le surnommait à Montmartre et au Quartier latin, avait séduit par ses poèmes ruraux qui chantaient la campagne, le travail des champs, la paysannerie. Il quitta Paris deux ans plus tard pour Rouen, soucieux de retrouver ses racines normandes, où il continua de publier poèmes et pièces de théâtre en parallèle de son métier d'instituteur.
Publié pour la première fois en 1906, L'An de la terre est un recueil de poèmes en forme de calendrier, un almanach poétique décrivant la campagne à travers les saisons. Cette seconde édition publiée en 1922 fut l'occasion pour Yard de s'essayer à la gravure, qui exécuta pour l'illustrer une quarantaine de bois un peu naïf et plein de charme. Les planches furent présentées à la Société des Artistes Rouennais en 1922.
Cette maquette originale, entièrement exécutée par le poète, renferme la totalité du texte autographe et les pièces liminaires, à savoir les faux-titre et titre, la liste des oeuvres déjà parues et à venir, la dédicace, la reproduction d'une lettre d'Emile Verhaeren (une seconde sera ajoutée), le prologue, les poèmes et les tables. Elle est agrémentée de 40 tirages d'essai des bois illustrant l'ouvrage, à savoir le portrait-frontispice, la vignette de titre (qui sera mise en quatrième de couverture), 13 illustrations à pleine page, 14 en-tête et 11 culs-de-lampe.
Charmant témoignage d'un art naïf alliant poésie manuscrite et bois originaux, dans une jolie reliure tachée de la main du poète.
De la bibliothèque du docteur Bernard Jean, avec ex-libris.
Edmond Spalikowski, Etudes de littérature normande contemporaine : Flaubert, Guys de Maupassant, Eugène Noël, [...]. Rouen, Defontaine, 1923.
]]>« C'est une pièce unique ; elle fera honneur à votre bibliothèque. », écrivit Roger Devauchelle en confiant ce volume à Julien Fléty.
Probablement mis en ordre et relié par Roger Devauchelle, il renferme les 49 manuscrits autographes signés, les articles correspondants extraits de La Reliure, ainsi que les états définitifs et avant la lettre des planches de reliures reproduites en phototypie. Le recueil est structuré par deux faux-titres, deux titres et des tables.
Trois lettres imprimées de Marius-Michel critiquant la publication ont été montées en fin de volume.
Une lettre autographe signée de Roger Devauchelle à Julien Fléty nous retrace l'histoire du volume : le manuscrit fit d'abord partie de la bibliothèque du relieur Georges Mercier, directeur de La Reliure. Il fut ensuite cédé par son épouse au comte Gérard de Berny (1880-1957), puis vendu au célèbre relieur et historien de la reliure Roger Devauchelle qui s’en servit pour la documentation de son ouvrage La Reliure en France. Il fut ensuite confié par lui à Julien Fléty et resta dans sa bibliothèque pendant près de soixante ans.
Cette étude, dont la publication fut soudainement arrêtée, fut au coeur d’une polémique opposant Henri Beraldi à Henri Marius-Michel et Georges Mercier.
Henri Marius-Michel avait en effet publié dans la revue une suite de trois articles critiquant certains points de l'étude, et dont le ton fut de plus en plus sévère au fur et à mesure que le débat s'envenimait.
Le premier article mettait en garde les relieurs et bibliophiles de ne pas prendre les reliures présentées comme des modèles à suivre « car jamais ignorance du dessin ne fut plus grande et technique plus nulle. »
Le deuxième article critiquait le choix d’une reliure de Thouvenin présentée comme une pièce d’exposition mais que Marius-Michel considérait comme étant de piètre qualité. Le relieur sentit venir les foudres de Beraldi et conclut son article par ces mots : « Partant d’un point de vue différent, il est tout naturel qu’il y ait contradiction ou heurt avec l’érudit bibliophile, mais si cette discussion […] devait, aussi peu que ce soit, servir à notre art […], je serais prêt. »
Le troisième article est une réponse acide et malicieuse à une lettre de menaces de Beraldi :
« Quelle chose amusante que la polémique ! Vous permettez ?
« Toutes les reliures de la Restauration se sont maintenues dans une merveilleuse fraîcheur » , dit M. H. Beraldi ; c’est vrai, mais […] il n’en reste pas moins certain que l’habitude de grecquer est condamnable et que les décors de ces reliures sont le plus souvent mal compris, hors de l’échelle du livre et que l’abus de roulettes, du « va comme j’te pousse », prouve la faiblesse de leurs auteurs, et cela est de plus démontré, je l’espère, à mesure que la publication avance. La preuve de ce que j’avais dit en de précédentes remarques se fait plus évidente à chaque planche. »
Henri Marius-Michel met ensuite Henri Beraldi face à ses contradictions en rappelant qu'il avait critiqué avec ardeur la qualité des reliures de la Restauration dans son ouvrage La Reliure au XIXe siècle, et conclut par cet extrait d’une poésie de Sully Prudhomme :
« Mais, en controverse technique,
Il ne faut pas trop se risquer ;
Quand on n’est pas de la boutique,
On finit toujours par trinquer. »
Henri Beraldi, qui avait eu vent de cette lettre avant sa parution, fit savoir à Georges Mercier qu'il romprait tous rapports avec le syndicat et toutes relations commerciales avec lui si elle devait être publiée. Le bureau de la revue prit finalement la décision de la publier, Georges Mercier démissionna, la publication de Henri Beraldi s'arrêta aussitôt.
Exceptionnel recueil jalousement conservé pendant presque cent-vingt ans par des bibliophiles et historiens de la reliure, renfermant les manuscrits d'une oeuvre longtemps demeurée confidentielle.
]]>8 volumes in-16, en feuilles, couvertures ornées de dessins à l’encre de Chine de l’auteur.
Charmante collection de cahiers manuscrits décorés par l'auteur renfermant des poésies inédites.
La poétesse Yvonne Ferrand-Weyher (1873-1963) publia ses premiers recueils pendant l’entre-deux-guerres. Elle se fit connaître avec ses Huit poèmes en forme de Chant Royal (1931), salués et admirés par Paul Valéry qui rédigea l’avertissement de son recueil suivant Fontaines de Mémoire (1935).
Ses poésies rigoureusement construites et structurées lui valurent les éloges des milieux de la « poésie officielle » de son temps, qui se réjouissait de ces productions classiques bien éloignées des poésies surréalistes qui connaissaient alors un certain succès.
Ces recueils intitulés Automne ; Hiver ; Printemps ; Eté ; La mer ensoleillée ; La Nuit ; Versailles et A la Porte de Marbre et Construction. Poèmes composés durant l’occupation, sont chacun constitués d’une vingtaine de pages, et contiennent 72 poèmes dont la plupart sont inédits.
Une lettre autographe signée de l’auteur nous indique qu’ils ont été offerts par elle à une amie souffrante en 1949.
Jeanine Moulin. La Poésie féminine. Epoque moderne. Marabout, 1963. p. 87
]]>Rarissime tiré à part de la notice historique sur la duchesse de Chaulnes extraite des Portraits intimes du 18e siècle.
Tirage à 2 exemplaires sur Chine, celui-ci celui des frères Goncourt, avec justification autographe signée et ex-libris.
Le volume porte 8 corrections rétablissant l'orthographe ancienne d'une lettre citée.
Une amusante note manuscrite, glissée dans le volume, rapporte la remarque que le duc de Valentinois avait inscrit sur son exemplaire du Journal Henri III à propos du terme chaude-pisse : " L'on dit présentement une chaunepisse pour illustrer le nom de Mme la Duchesse de Chaulnes qui en avoit distribué un grand nombre."
De la bibliothèque Edward Wassermann, avec son ex-libris gravé sur Japon par Marie Laurencin.
]]>Épreuves corrigées par l’auteur du texte de l’édition originale, illustrée de nombreuses vignettes.
L’ornithologue allemand Hans Friedrich Gadow (1855-1928) travailla au début de sa carrière sur le catalogue des oiseaux du Natural History Museum de Londres. Actif dans cette ville à la fin du XIXe siècle, il fut l’auteur de travaux novateurs sur la classification des oiseaux et fit publier de nombreux ouvrages dont un Dictionnary of Birds (1893-1896). Scientifique reconnu, il devint en 1881 membre de la British Ornithologists’ Union, conservateur de la Strickland Collection à l’Université de Cambridge en 1884, et fellow de la Royal Society en 1892.
Il fit avec son épouse, en 1895 et 1896, deux voyages en Espagne, du pays Basque à la Galice, pendant lesquels il fit d’intéressantes observations sur la géographie, l’ethnographie, la faune et la flore locales. Il les fit publier en 1897 dans In Northern Spain, avec un chapitre naturellement consacré aux oiseaux.
Nombreuses corrections et légendes autographes dans le texte et sous certaines vignettes.
Papier d’épreuve fragile, de petits manques marginaux aux deux premiers feuillets de texte, le premier renforcé à l’aide de deux petites pièces de ruban adhésif.
]]>Inventaire tapuscrit dressé par la compagnie Maple & Co. pour l'expertise du mobilier et de la bibliothèque d'un membre de la gentry londonienne, C. J. Moses, habitant le quartier chic d'Hampstead, North Western.
Il s'agit vraisemblablement d'un exemplaire unique, destiné à rejoindre la bibliothèque londonienne du 26 Ferncroft avenue.
Une véritable plongée dans les salons feutrés du Londres chic du début du vingtième siècle.
Quelques griffures et reteintes à la reliure.
]]>Intéressante collection de numéros de la revue L’Amateur d’autographes contenant des articles bibliographiques (revues de monographies et de publications historiques, chroniques historiques et littéraires, etc.) rédigés par Anatole France.
De la bibliothèque du docteur Lucien-Graux, avec ex-libris.
]]>Intéressante étude entomologique inédite illustrée de 31 dessins originaux.
Elle se compose d’un titre calligraphié en noir et ocre, 5 titres de parties calligraphiées en ocre, 20 pp. de texte tapuscrit illustré de 2 planches à l’encre brune, le tout suivi de 29 dessins originaux de scarabées à l’encre de Chine ou gouache montés sous passe-partout.
Après une introduction passionnée traduisant l’amour de l’auteur pour les scarabéidés, l’ouvrage traite de la morphologie des coléoptères, des caractéristiques des trois familles décrites et donne l’explication des planches en indiquant pour chaque scarabée son nom scientifique, ses mesures, sa description, son habitat, sa période de vie et sa rareté sur le sol français.
L'ouvrage se termine par une étude consacrée au scarabée sacré (Ateuchus Sacer) à travers son culte chez les égyptiens et son utilisation symbolique chez les grecs et les romains.
Jolie « édition manuscrite » renfermant une biographie du marquis de Cuevas, sans doute réalisée par les frères Angel Maria et Rafael Ortiz Alfau dont des manuscrits illustrés sont conservés à la Biblioteca nacional de España.
Elle est composée d’une couverture illustrée, d’un titre, d’un colophon et de 5 pp. de texte tirées de l'hebdomadaire franquiste 7 Fechas (n°419, 8 octobre 1957).
Exemplaire unique de cette biographie, dédicacé à l’encre rouge et bleue « al gran Mecenas del ballet, don Jorge de Cuevas, Marqués de Piedrasblancas y de Cuevas ».
Jorge Cuevas Bartholin (1885-1961), connu sous le nom de marquis de Cuevas, fut l’un des grands mécènes et directeurs de ballet de son temps. Il fonda à New York en 1944 le Ballet international, puis fusionna avec le Nouveau Ballet de Monte-Carlo pour devenir le Grand Ballet de Monte-Carlo. La compagnie prit en 1951 le nom de Grand Ballet du Marquis de Cuevas, puis devint l’International Ballet of the Marquis de Cuevas de 1958 à 1962. Ces ballets rencontrèrent un franc succès, collaborant avec les danseurs les plus en vue de l’époque comme Rosella Hightower, George Skibine, André Eglevsky, Ethery Pagava ou encore Rudolf Noureev.
Le marquis de Cuevas marqua également les esprits avec son duel d’honneur à l’épée contre Serge Lifar en 1957 qui fut particulièrement médiatisé.
Rarissimes volumes d’épreuves pour la première édition des Lettres 1841-1866, le tout premier recueil entièrement consacré à la correspondance de Charles Baudelaire, et pour la première édition au Mercure de France des Œuvres posthumes, en partie originale.
Quelques mois après la mort Charles Baudelaire en 1867, le libraire-éditeur René Pincebourde lança un appel afin de collecter des fragments inédits et des parties de sa correspondance. Cette collecte donna lieu, en 1872, à l’édition de Souvenirs. Correspondances. Bibliographie, suivis de pièces inédites renfermant 14 lettres de Baudelaire dont 9 adressées à Poulet-Malassis.
Un important dossier contenant la correspondance du poète et de Poulet-Malassis fut ensuite vendu aux enchères, ce qui permit à Eugène Crépet d’en publier une soixantaine, ainsi qu’une vingtaine de lettres adressées à Sainte-Beuve dans son ouvrage Œuvres posthumes et correspondances inédites (Quantin, 1887).
D’autres lettres ou fragments furent publiés au fil des années dans des journaux, revues, catalogues d’autographes, etc.
Enfin, publié en 1906 au Mercure de France, le volume des Lettres 1841-1866, premier recueil consacré à la correspondance de Charles Baudelaire, renfermait dans sa première édition plus de 280 lettres. Le même éditeur publia l’année suivante une édition en partie originale des Œuvres posthumes, contenant pour la première fois des articles du Corsaire-Satan et de Paris-Journal.
Ces volumes d’épreuves ont été façonnés pour le bibliophile et collectionneur Henry Saffrey, avec cet envoi autographe signé de Féli Gautier dans le volume des Lettres :
« Pour l’aimable Henry Saffrey, cet unique exemplaire d’épreuves auquel siérait le Rops (?) de la p. 507. Féli Gautier qui publie ces lettres. 1 novembre 1906. »
Le texte des Lettres est annoté par Féli Gautier de 80 patronymes dont il n’avait été imprimé que la première lettre (la plupart sont alors ignorés du grand public), ainsi que de 17 occurrences de mots censurés comme baiser, vérole, bordel, pine, foutre, etc.
Il a également noté deux remarques importantes concernant l’établissement du texte, en signalant une lettre douteuse (p.13) qui sera supprimée dans l’édition définitive, et en supprimant d’une lettre le nom de l’éditeur Michel Lévy (p.424) malmené par Baudelaire.
Bien que ces pages d’épreuves contiennent d’innombrables différences typographiques avec l’édition définitive, le volume n’a pas été corrigé, sans doute par soucis de lisibilité.
Le volume des Lettres contient :
• une épreuve de la couverture (à la date de 1907, titrée et paraphée par Féli Gautier)
• une épreuve du portrait héliogravé de Baudelaire (titrée et paraphée par Féli Gautier)
• un portrait supplémentaire (ie le portrait-frontispice des Œuvres posthumes)
• 552 pp. de texte, du faux-titre à la dernière page de l’État des lettres (sans les épreuves des trois derniers feuillets contenant les Sources des lettres, les Correspondances aux lettres ainsi que la table et l’achevé d’imprimer)
• 10 coupures de presse du Figaro reproduisant des lettres de Baudelaire à M. Dutacq avec cette note autographe de Féli Gautier : « M. Saffrey pourra cartonner ces lettres qui sont destinées à une édition ultérieure, s’il y en a jamais. »
Le volume des Œuvres posthumes, titré au dos « Épreuves uniques » contient quant à lui le portrait et les 388 pp. de texte, avec une dizaine de corrections typographiques.
Rarissimes volumes d’épreuves annotés, donnant les noms des correspondants de Baudelaire et les mots censurés à l'époque inconnus, à l'époque inconnus du grand public.
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