Rare exemplaire du catalogue de la bibliothèque de Delisle de Sales.
Jean-Baptiste Isoard de Lisle, dit Delisle de Sales (1741-1816), écrivain et philosophe, fit publier une grande quantité d’ouvrages dont la qualité ne fit pas toujours l'unanimité. Son oeuvre la plus célèbre est sa Philosophie de la nature, publiée en 1777, qui, jugée contraire à la religion et aux mœurs, lui vaudra un bannissement perpétuel par arrêt du Châtelet. Une fois l'arrêt cassé, Delisle de Sales continuera de produire ses ouvrages et d'enrichir sa bibliothèque dont l'importance et la qualité semblent avoir été à l'époque reconnues de tous. Elle était selon lui composée de 36 000 volumes en 1810.
« Delisle de Sales, très brave homme, [...] s’était composé une belle bibliothèque avec ses ouvrages qu’il brocantait à l’étranger [...]. », écrivait François-René de Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-tombe.
Une notice du bulletin du bibliophile nous indique que le tiers des volumes était relié en maroquin ou revêtus d’un « veau élégant ». Elle comptait par exemple la collection de tout ce qui a porté le nom de Mercure de 1605 à 1806, soit 2500 volumes, plus de 400 volumes des éditions de Cazin, 80 volumes de pièces diverses relatives à la Ligue, « les oeuvres complètes du bizarre Restif de la Bretonne, il avoit fallu vingt ans de recherches pour former cet assemblage de 160 volumes […] », plus de 3500 volumes de voyages, « une bibliothèque révolutionnaire composée de 2000 volumes reliés et de près de 1600 cartons renfermant environ 20000 pièces. […] 500 journaux dont 300 parfaitement complets », d’innombrables écrits relatifs à Mirabeau et Marat ainsi que d’introuvables facéties « pour la plupart trop piquantes ».
Delisle de Sales évaluait l’ensemble de sa bibliothèque à 200 000 fr. et estimait à part à 50 000 fr. la collection révolutionnaire. Pressé par des difficultés financières, il avait rédigé le catalogue de sa bibliothèque qu’il avait mis quarante ans à former, et fit publier en 1810 cette Analyse pour servir de catalogue de vente et en promouvoir le contenu.
Il en rédigea l’avis et le supplément mais laissa la rédaction de la préface et de l’analyse à « un homme de lettres, digne de toute [s]on estime, mais qui ne veut pas être nommé ».
Delisle de Sales n’y cache pas son désir que sa bibliothèque ait le même destin que celle de Diderot : achetée par une tête couronnée mais laissée sur place, permettant à son propriétaire de mourir entouré de ses livres. La bibliothèque ne trouva cependant pas acheteur et ce n’est qu’après sa mort en 1818 que tout fut dispersé et vendu misérablement, à son domicile, hôtel de Lorges, en un total de 49 vacations cataloguées.
Le volume que nous présentons semble appartenir à un tirage effectué peu de temps après le premier, qui voit son cinquième cahier enrichi de 107 entrées supplémentaires en mathématiques, astronomie, physique et histoire naturelle, et dont la pagination a été corrigée.
Ce tirage corrigé, la version la plus complète du catalogue de la bibliothèque de Delisle de Sales, semble être encore plus rare que le premier, de surcroît complet du supplément qui ne se trouve pas dans tous les exemplaires.
Rare catalogue au tirage annoncé de 100 exemplaires, complet du supplément « tiré à un infiniment plus petit nombre », dans son brochage d’origine d'un remarquable état de conservation.
Bulletin du bibliophile. Paris, Techener, 1853, février, pp. 78-79.
]]>Épreuves corrigées par l’auteur du texte de l’édition originale, illustrée de nombreuses vignettes.
L’ornithologue allemand Hans Friedrich Gadow (1855-1928) travailla au début de sa carrière sur le catalogue des oiseaux du Natural History Museum de Londres. Actif dans cette ville à la fin du XIXe siècle, il fut l’auteur de travaux novateurs sur la classification des oiseaux et fit publier de nombreux ouvrages dont un Dictionnary of Birds (1893-1896). Scientifique reconnu, il devint en 1881 membre de la British Ornithologists’ Union, conservateur de la Strickland Collection à l’Université de Cambridge en 1884, et fellow de la Royal Society en 1892.
Il fit avec son épouse, en 1895 et 1896, deux voyages en Espagne, du pays Basque à la Galice, pendant lesquels il fit d’intéressantes observations sur la géographie, l’ethnographie, la faune et la flore locales. Il les fit publier en 1897 dans In Northern Spain, avec un chapitre naturellement consacré aux oiseaux.
Nombreuses corrections et légendes autographes dans le texte et sous certaines vignettes.
Papier d’épreuve fragile, de petits manques marginaux aux deux premiers feuillets de texte, le premier renforcé à l’aide de deux petites pièces de ruban adhésif.
]]>In-8, demi-maroquin vert sombre avec coins, dos lisse orné de filets dorés (Reliure du XIXe siècle).
Edition originale de cet ouvrage attribué au comte Stanislas-Xavier de Girardin (1762-1827), fils du marquis René-Louis de Girardin (1735-1808), propriétaire du parc d’Ermenonville.
Il est illustré en premier tirage de 25 estampes de vues des jardins et des bâtiments d’Ermenonville, dessinées et gravées à la manière noire par Mérigot fils, et contient deux feuillets de musique gravée pour la Chanson du Berger de la Grotte verte.
Le domaine d’Ermenonville n’était qu’un vaste marécage lorsque le marquis de Girardin en hérita en 1762. Il aura fallut une dizaine d’années pour le transformer en ce qui sera l’un des premiers parc à l’anglaise en France, sous la direction du paysagiste et architecte Jean-Marie Morel et les conseils du peintre Hubert Robert et de l’abbé Delille. Il était agrémenté de fabriques, ruines et grottes artificielles, ce qui lui donna un caractère romantique.
Le parc accueilli de nombreux visiteurs illustres, comme Maximilien de Robespierre, la reine Marie-Antoinette qui s’ en inspira pour le Hameau de la Reine au parc du petit Trianon, Napoléon Bonaparte, Louis XVIII, Charles X ou encore Benjamin Franklin.
Le domaine d’Ermenonville reste avant tout indissociable de Jean-Jacques Rousseau qui s’y retira pendant les six dernières années de sa vie. L’auteur y composa une partie des Rêveries du promeneur solitaire, et fut enterré dans l’île des peupliers le 4 juillet 1778.
Le parc fut en partie détruit par une tempête en 1787, abandonné à la Révolution et morcelé au XIXe siècle si bien que cet ouvrage est l’un des seuls témoignages que nous ayons des jardins ayant accueilli les dernières années de la vie de Jean-Jacques Rousseau.
Exemplaire de l’architecte et paysagiste danois Mogens Tvede (1897-1977), avec ex-libris.
« […]. Celui-ci s'était fait connaître comme architecte et paysagiste d'un milieu mondain. Ainsi il travailla pour le baron Guy de Rotschild à Ferrières-en-Brie, il réalisa pour la duchesse de Mouchy, le « Potager du château » de Fleury-en-Bière. Dans les années soixante, il collabora avec l'architecte Pierre Barbe, restaurateur à l'époque du domaine provençal des Treilles à Tourtour (Var), procédant notamment à l'aménagement des jardins de la « Quinta do Vinagre » à Sintra (Portugal), acquise en 1964 par Pierre Schlumberger. […] »
Dos légèrement passé.
BRUNET IV 899 – COHEN 704 - CRANGA, Y. Extrait du dossier internet Vaucluse – Sorgues – Jardin du château de Brantes sur le site culture.gouv.fr.
]]>Edition originale de cette biographie d’Honoré de Balzac, inaugurant la collection « Le Roman des grandes existences ».
Un des 20 exemplaires de tête sur papier de Chine.
Bel exemplaire.
]]>Edition originale de ce rare traité d’architecture concernant les toitures du duché de Savoie, offrant un riche panorama du savoir-faire local et de l’état des populations de ses provinces en 1832.
« A la suite d’une communication, en 1830, du secrétaire de la Chambre royale d’agriculture et de commerce de Savoie sur « les vices des constructions rurales », […] Despine écrivait deux ans plus tard un Essai sur le système de toiture le plus convenable aux constructions de la Savoie qui eut un grand retentissement. »
Marie-Thérèse Hermann. Architecture et vie traditionnelle en Savoie. 1999. p.169.
Regardé comme « un vrai présent national » par la Chambre royale d’agriculture et de commerce de Savoie, cet ouvrage reflète la volonté d’encourager la fabrication et l’utilisation de tuiles pour la construction des toitures du duché. En effet, les toits des localités étaient pour la plupart faits de chaume ou de bois ce qui les rendait extrêmement vulnérables face aux incendies.
Charles-Marie-Joseph Despine (1792-1856), ingénieur et homme politique local, présente dans un premier temps un rapport détaillé sur les différents modes de toiture adoptés en Savoie (tuiles, ardoises, bois ou bardeaux et chaume). Il appuie ses études à l’aide d’un tableau comparatif donnant pour les huit provinces du duché (Tarentaise, Haute-Savoie, Maurienne, Genevois, Savoie-Propre, Faucigny, Chablais et Saint-Julien) et pour leurs villes et villages, l’état de leurs populations ainsi que le nombre de toitures faites de tuiles, ardoises, bois ou bardeaux et chaume. On y lit par exemple que les toitures de Sallanches, ville qui sera entièrement détruite par un incendie en 1840, étaient faites exclusivement de bois.
La seconde partie est un exposé sur la technique de fabrication des briques, tuiles et carreaux en Savoie et développe l’intention première de l’ouvrage en proposant des politiques administratives et industrielles pour encourager leurs fabrications et leurs utilisations.
Elle est illustrée de 11 planches lithographiées de Courtois et Auber à Chambéry, relatives aux tuileries, à la fabrication des briques et à différentes sortes de fours (8 plans).
Charmant exemplaire dans son cartonnage d’origine dans un remarquable état de conservation.
]]>Édition originale de ce traité dû à François Marquis, marchand de thés du comte d’Artois, dont la maison de fabrique de chocolat, confiserie et de négoce de thé et café fut fondée à Paris, passage des Panoramas, en 1818.
Cette édition parut sous deux formats, in-8 et in-18.
Elle est illustrée de 10 planches dont 6 sur double page, figurant les plantes et des scènes relatives à la récolte et à la fabrication du thé.
Charmant exemplaire avec les figures en couleurs, non rogné, dans son cartonnage d’éditeur.
Habituelles rousseurs éparses.
]]>Édition originale.
Exemplaire du service de presse, non coupé, avec le rarissime feuillet de parution résumant l'ouvrage.
Courte déchirure et petits manques de papier à la couverture.
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